The Who - Quadrophenia
On ne présente plus les Who, un batteur complètement cinglé, un guitariste fou furieux, un chanteur illuminé, et un bassiste impassible. Au risque de me faire des ennemis parmi les fans, Quadrophenia reste pour moi leur meilleur album. Opéra rock dans la lignée de Tommy, Quadrophenia est une ode aux "mods" ou se mêle avec talent l'énergie rock et débridée du groupe et les talents de compositeur de Pete Townshend. Quadrophenia nous plonge dans un univers emprunt de nostalgie et de rebellion rythmé par les bruit du quotidien tel que la radio, le bruit des vague, de la théière qui siffle, un train qui s'en va (le train n'arrive jamais dans ces univers, il s'en va toujours quelques part). La redondance des thèmes, leurs multiples déclinaisons, achèvent de nous imprègner totalement (même si j'ai une nette préférence pour la première galette) ...
Les vagues retentissent, la musique commence, s'enivre rapidement. Rythmes saccadés, la basse résonne, la batterie frémit, la guitare sonne tel des coups de poings lancés dans le vide, contre nous même, contre les autres, contre le monde. Quadrophenia vient de commencer avec une grande question "Can you see the real me?" Qui d'autre que les Who peuvent ainsi sublimer la révolte intérieur de celui qui affronte le monde et ses désillusions? Nous voilà embarqué dans un cri qui dure le temps d'un album. Les titres des chansons parlent d'eux-même, Cut my Hair, The punk and the godfather, Dirty Jobs... La réalité est ici sublimée en une course folle...
Quadrophenia génère des émotions fortes, Pete Townshend signe là des compositions abouties, portées par la furie d'un groupe de musiciens talentueux. Les cris d'espoir et de désespoir poussés par Roger Daltrey, l'attaque incessante des fûts d'un Keith Moon enragé, les envolées prodigieuses de la basse de John Entwistle (qui reste à mes yeux le pilier de la formation, comme un axe immuable autour duquel s'agitent frénétiquement les trois autres). A écouter donc, et plutôt deux fois qu'une...
