Stanley Clarke
Stanley Clarke... que dire. La basse prend une dimension nouvelle dans ses mains... Omniprésent, entre slapping aigu, harmoniques et profondeur des notes, ses doigts courent à toutes allures sur l'instrument, rapprochant quelques fois son jeu de celui d'un guitariste. Et au delà de ça, il y son talent de compositeur. Cet album éponyme en est le meilleur reflet. Celui-ci sortira la même année que "Where have I known you before" du Return to Forever avec Chick Corea qu'il a rencontré alors que ces deux là jouaient pour Stan Getz.
Album de nuit... Prise de son éthérée. Ce disque s'écoute en rêvant. Les instruments se fondent les uns dans les autres, comme un tout indissociable, créant une atmosphère alambiquée, nébuleuse, un brin nostalgique...
Le premier morceau "Vulcan Princess" est une relecture de Vulcan Worlds (sorti sur l'album du Return la même année). Le ton de l'album est donné, au-delà de la performance musicale et des envollées des solistes, le morceau se développe tel une entité, presque palpable. S'enchaîne alors "Yesterday Princess", morceau chanté à la contrebasse. La nostalgie et les souvenirs nous gagnent, et les quelques notes du piano nous emmènent quelque part, de l'autre côté... Puis les instruments se réveillent, s'agitent pour reformer une autre entité, celle de "Lopsy Lu". Se renvoyant les uns aux autres la ligne mélodique, ils nous bercent et rythment nos songes. "Power" le morceau suivant est dans la même veine..
La seconde face du disque nous plonge à son tour dans un brouillard dilué passionément par la contrebasse. Entre graves profonds et myriades de notes, appels nocturnes et violons lointains, Stanley Clarke nous montre là tout son génie. "Life suite" est une ascension, et quelle ascension... Les musiciens nous font monter lentement, cran après cran, se détachant enfin les des autres, progressivement, pour enfin porter la guitare encore un peu plus haut, tel un rayon de soleil perçant les nuages après la pluie...
Cet album est à mon sens un des plus aboutis de Stanley Clarke. Certains crieront au scandale brandissant "School Days", mais honnêtemment je n'en ai cure :D

