Bitches Brew de Miles, l'album considéré comme le départ du jazz-rock et du jazz-fusion en général, n'est pas encore sorti, que Zappa nous offre déjà Hot rats. Mélange de genre, jazz-rock avant l'heure, entre rock, rhythm n' blues, jazz, mélopées orientales et free jazz, pour son deuxième album solo (sans les Mothers) le moustachu fait très fort.
Exclusivement musical, à part la chanson "Willie the Pimp" chanté par le Cap'tain Beefheart (un autre cinglé), mais très vite embrasée par la guitare du maître, Hot Rats est une avalanche de solos, repoussant encore un peu plus loin les limites des musiciens de l'époque. Le son est brut, torturé à la wha-wha, on pense que c'est fini, mais non, nous voilà reparti pour encore 5 minutes de solo. Un violon au son de crin-crin, des parenthèses musicales improbables comme "Little Umbrella" ou "Peaches in Regalia". Et puis on arrive au monstre de "Gumbo Variations", 17 minutes de solo non-stop entre un Ian Underwood déchainé au saxo et le violon dingue de Sugar Cane Harris. Enfin, le morceau extra-terrestre de "It must be a camel" qui marque le début de la collaboration entre Zappa et Jean-Luc Ponty, vient ponctuer ce disque monstrueux (à se demander si Zappa se fout pas de notre gueule en nous mettant cette tarte)...
Zappa l'inimitable, l'inclassable... je ne présenterai pas le bonhomme, je ne m'en sens pas le courage, et d'autre le font très bien. Allez jetez un coup d'oeil sur la Gueusif à ce propos. Je terminerai par une citation de George Duke qui fut un temps derrière les claviers zappaesques :
"Pour différentes raisons, les musiciens qui étudient longtemps ont cette faculté de sentir qu'ils en savent davantage que les autres, qu'ils sont au dessus des autres, même s'ils ont le feeling.
Frank a détruit tout cela.
Nous sommes tous les mêmes."



